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I-SEP : Un patron qui a l’innovation dans le sang – 7 Octobre 2019

Un an après avoir reçu une aide de 3 M€ dans le cadre du Programme d’investissement d’Avenir (PIA), i-Sep poursuit sa lancée et lève 2,5M€ auprès de son actionnaire historique, Go Capital, et de la plateforme de crowdfunding bretonne Gwenneg. La medtech nantaise développe un dispositif d’autotransfusion péri opératoire.

Lors d’une opération chirurgicale, le dispositif récupère le sang épanché, qui est mélangé à d’autres fluides. L’ensemble est ensuite traité, concentré puis transfusé au patient. Actuellement, des systèmes d’autotransfusion existent déjà sur le marché, mais ils ne réintègrent aux patients que les globules rouges, à l’aide d’un procédé de centrifugation. « Nous avons développé un système de filtration qui permet de récupérer également les plaquettes », témoigne Sylvain Picot, fondateur et CEO de la société. Néanmoins, l’utilisation d’un filtre peut vite conduire à une saturation de celui-ci, surtout avec des fluides très riches comme le sang.

« Le cœur de notre innovation repose sur un système de filtration tangentiel : le flux sanguin est parallèle à la membrane filtrante, ce qui limite le colmatage »  précise Sylvain Picot. Un premier effet qui est renforcé par un système de régénération de la membrane, assurant un bon débit de filtration. Ce procédé d’autotransfusion doit permettre de suppléer autant que possible les transfusions de sang allogènes aujourd’hui pratiquées, qui posent des risques de contamination et des problèmes de disponibilité.

Sylvain PICOT - CEO i-Sep

« La stratégie commerciale n’est pas encore écrite. »

Marquage CE attendu fin 2020

La medtech va se servir de ce nouveau financement pour lancer une étude clinique sur une cinquantaine de patients début 2020, en vue d’obtenir un marquage CE à la fin de cette même année. « L’étude sera menée dans le cadre de chirurgies cardiothoraciques et orthopédiques, des opérations où les risques hémorragiques sont les plus fréquents », détaille le CEO, qui n’en est pas à son coup d’essai entrepreneurial. En effet, il fut à l’origine de la création de Biom’up (lire la Une), qu’il dirigea de2005 à 2015. Plus intéressé par les phases d’innovation et de maturation technologique, il céda les rênes de la société lorsque celle-ci entra en phase commerciale et d’internationalisation. La suite de l’histoire d’ i-Sep n’est d’ailleurs pas encore écrite. « Nous sommes en réflexion entre deux possibilités. Nous pouvons vendre l’ensemble, la machine et les consommables (notamment le système de filtration ndlr) aux hôpitaux ou fournir la machine gratuitement et capitaliser seulement sur les consommables », décrit Sylvain Picot, qui a encore des idées sur le front de la R&D. Car si la récupération des plaquettes représente une avancée majeure pour la généralisation des dispositifs d’autotransfusion, d’autres éléments sanguins, comme certaines protéines, ne sont pas conservés par le système d’ i-Sep.

« Aujourd’hui, nous ne récoltons pas tous les composants du sang mais cela pourrait être un axe de recherche pour les prochaines versions de notre dispositif » ■

Benjamin Robert

Le regard de Leila Nicolas, directrice d’investissement chez Go Capital

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«  Nous connaissions la technologie d’ I-Sep avant même sa création, mais il manquait un CEO pour diriger la société. Il nous a semblé pertinent de mettre en relation Sylvain Picot, fort de son expérience avec Biom’up, et Francis Gadrat, l’inventeur de la technologie. Cette dernière possède l’avantage de s’adresser à un marché déjà établi, tout en ayant un positionnement qui la différencie des concurrents. De plus, ce dispositif peut s’appliquer à un marché plus large, avec un plus grand nombre de chirurgies, mais peut également intéresser d’autres acteurs hors des hôpitaux comme l’armée pour des applications terrain. Nous avons investi, avec Go Capital Amorçage I, un fonds qui ne prend plus de nouvelles participations. Son remplaçant, lancé en 2017, Go Capital Amorçage II, est doté de 74 M€. Nous avons déjà réalisé 15 investissements avec ce dernier et notre objectif est d’atteindre 25 à 30 lignes. La santé – biotech, medtech, et digital – représente plus de 40 % des tickets.»

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